Pourquoi la fin de la parité tarifaire ne changera rien aux problèmes des hôteliers

parite tarifaire

Avec l’adoption à venir de la loi Macron prévoyant la fin de la parité tarifaire, les hôteliers vont pouvoir retrouver une vraie liberté dans la fixation de leurs tarifs et dans leur distribution. Mais cela sera-t-il suffisant pour qu’ils puissent se passer des centrales de réservation ? Probablement pas, et voici 5 raisons qui l’expliquent.

1. Une visibilité indispensable

Les OTA ne jouent pas que le rôle d’aide à la réservation. Leur utilisation se fait bien en amont, lors de la recherche. Avec une offre hôtelière immense (près de 700 000 hôtels sur Booking), elles sont devenues pour les consommateurs de vraies vitrines de l’offre d’hébergements de leurs destinations. La connexion à ces plateformes est devenue pour beaucoup un réflexe. Ainsi, pour exister, il est indispensable d’y être présent. Ceci a un nom: le Billboard Effect. Les internautes prennent connaissance de l’hôtel sur une OTA, parcourent le net et notamment les réseaux sociaux à son sujet, puis atterrissent sur le site de l’hôtelier. Elles offrent donc une visibilité indispensable.

2. Des pouvoirs marketing difficiles à contrer

Dans un secteur où les coûts d’acquisition client s’envolent, comment lutter face aux millions dépensés chaque jour par les grands sites du etourisme ? Campagnes TV, investissement en SEO et SEM représentent des coûts non envisageables voire impossibles pour bon nombre d’hôteliers. Expedia et Priceline dépensent chaque année plus d’un milliard en AdWords chacun. A côté de ça, les 20 millions attribués à ce même levier par HomeAway, le site de location entre particuliers, paraissent dérisoires. Dans la guerre pour acquérir de nouveaux clients, dur de lutter face à ces groupes.

3. Les habitudes sont tenaces

Les habitudes sont tenaces et pour les clients qui se sont rendus pendant des années sur les OTA, en étant garantis du meilleur tarif, il sera compliqué d’aller voir ailleurs pour réserver un hôtel. Pour beaucoup, la connexion à une OTA est devenue un réflexe dans la préparation du voyage et il sera très dur de les faire aller sur des sites indépendants pour réserver, sans mentionner que les OTA savent plutôt bien s’y prendre pour convaincre un internaute à rester sur son site et à le faire réserver.

4. Les sites d’hôtels sont généralement pourris

Soyons réalistes: beaucoup de sites d’hôtels sont complètement pourris. Les sites au design invraisemblable, avec des photos de mauvaise qualité ou sans moteur de réservation sont encore très nombreux. Dans ces conditions, impossible d’espérer gagner des réservations directes. Quand bien même un utilisateur aurait réussit à trouver le site sur Google, il ne pourrait pas réserver directement voire pire, verrait sa confiance en l’établissement baisser. Pour ceux effectuant un minimum de travail esthétique, pensant conversion et se référençant correctement, les résultats peuvent être encourageants. Malheureusement, ce n’est pas toujours possible dans les petites structures et beaucoup d’agences de création web sont elles aussi à la ramasse.

5. L’argent continuera à aller dans les mêmes poches

Aujourd’hui, la plupart des OTA font partie de grands groupes qui possèdent plusieurs entreprises. Parmi les plus importants, on peut citer Expedia, Priceline ou encore l’européen Odigeo. Si la parité tarifaire est définitivement supprimée, les clients se retrouveront avec une multitude de prix variant selon les sites. Comment s’y retrouver ?  En utilisant les comparateurs. Ces derniers prendront tout leur sens puisqu’ils agrégeront toutes les offres et permettront d’y voir plus clair afin de trouver les meilleurs prix. Or, à qui appartiennent Kayak, Trivago ou Liligo ? Aux mêmes groupes qui possèdent les principales OTA… L’argent finira donc dans les mêmes poches.

 

Cet article un tantinet pessimiste met en avant des raisons évidentes pour lesquelles la fin de la parité tarifaire ne changera pas tout aux problèmes des hôteliers, car ces derniers sont plus profonds. Si l’industrie savait se distribuer correctement, ces sites de réservation n’auraient pas aujourd’hui l’importance qu’ils ont. Et si cette loi est une bonne chose pour le secteur, elle mettra cependant du temps avant de réellement bénéficier aux hôteliers. Le mal est déjà fait.




Il y a 2 commentaires

Ajoutez le vôtre
  1. Margot

    « 4. LES SITES D’HÔTELS SONT GÉNÉRALEMENT POURRIS (…) Pour ceux effectuant un minimum de travail esthétique, pensant conversion et se référençant correctement, les résultats peuvent être encourageants. Malheureusement, ce n’est pas toujours possible dans les petites structures et beaucoup d’agences de création web sont elles aussi à la ramasse. »

    –> Oui c’est pour cela qu’il existe des solutions plus adaptées aux hôteliers indépendants. Par exemple appyourself permet aux TPME/PME du tourisme et loisirs de se créer et gérer un site web professionnel, optimisé pour le référencement et la conversion (réservations directes!) et bien sûr optimisé sur mobile.

    Il est important de développer une présence en ligne efficace car si les OTA peuvent être des apporteurs de trafic, il faut pouvoir garder l’internaute sur son site web pour qu’il réserve en direct et éviter ainsi une commission ! Pour reprendre la main sur sa distribution il faut déjà reprendre la main sur sa communication 🙂

  2. Clément Bourguignon

    Merci pour votre commentaire Margot.

    Effectivement, Appyourself que nous avions présenté sur ce site l’année dernière, et les suites marketing en général sont de bons moyens pour aider les hôteliers à garder la main sur leur communication web et leur distribution.


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